L’Étang de Haute-Jarrie

Favicon RNR Isles du Drac Etang Haute JarriePatrimoine naturel

Les milieux naturels

La réserve présente une diversité remarquable d’habitats naturels sur un petit espace, constituée de :

  • plusieurs poches d’eau libre, qui communiquent entre elles par des chenaux ;
  • roselières à phragmites et massettes, cariçaies et scirpaies ;
  • taillis et boisements humides, en bordure de chenaux ;
  • îlots boisés non humides installés sur des digues ou des produits de curage ;
  • une bande constituée de prairies et de boisements arborés ou arbustifs, au sud sud-est ;
  • des parcelles agricoles de prairies mésophiles ;
  • et d’une ancienne zone humide, le Veytet, actuellement couverte de boisements pionniers et d’espèces exotiques envahissantes.

La réserve naturelle régionale de l’étang de Haute-Jarrie

► Poche d’eau libre située vers les anciens pontons de pêche, bordée d’hélophytes et boisements humides © RNR / Louis S.

 

La faune

L’étang de Haute-Jarrie est situé dans l’axe migratoire de nombreuses espèces d’oiseaux, et possède des habitats naturels très attractifs, notamment pour les Anatidés et les Ardéidés. Ainsi, il constitue un site remarquable avec environ 180 espèces d’oiseaux recensées, dont 65 espèces nicheuses (certaines ou probables).

Le Blongios nain (Ixobrychus minutus), espèce emblématique de la Réserve, revient chaque année sur le site, tout comme le Héron pourpré (Ardea purpurea), la Sarcelle d’été (Spatula querquedula), le Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca) et la Bondrée apivore (Pernis apivorus).

Illustrations oisaeux RNR H

► De gauche à droite, la Sarcelle d’hiver, le Blongios nain et le Râle d’eau © RNR / Mister Couleurs.

Le site est également remarquable par la présence de fauvettes aquatiques : la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) et la Rousserolle turdoïde (A. arundinaceus) sont régulièrement observées ou entendues dans les roselières, tandis que la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris) n’a pas été revue depuis 2012.

Oiseaux RNR Etang Haute-Jarrie

► De gauche à droite : Foulques macroules, Milan noir et Sitelle torchepot sont également présents sur le site © RNR / Louis.

La Réserve compte 28 espèces de mammifères (Hérisson d’Europe, Blaireau…), et notamment 7 espèces de chiroptères dont la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), le Murin de Daubenton (Myotis daubentonii), caractéristique des milieux humides et le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), espèce d’intérêt communautaire.

Côté invertébrés, le patrimoine faunistique de la réserve compte 218 espèces de lépidoptères recensées, dont trois espèces patrimoniales: le Cuivré des marais (Thersamolycaena dispar), le Chilo satiné (Calamotropha aureliellus) et La Noctuelle de l’Iris (Helotropha leucostigma), inféodées aux milieux humides. Les récents inventaires ont permis de recenser une espèce d’orthoptère patrimoniale : le Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis) ainsi qu’un mollusque minuscule mais qui gagne à être connu, le Vertigo de Des Moulins (Vertigo moulinsiana).

Frise invertébrés RNR HJ

► De gauche à droite, le Conocéphale des roseaux, le Vertigo de Des Moulins et le Cuivré des marais © RNR / Mister Couleurs.

L’étang de Haute-Jarrie est un des sites d’observations des odonates (ou libellules) les plus anciens du département. Depuis 1953, on y recense une quarantaine d’espèces. Les récents inventaires montrent toutefois une régression en terme de diversité spécifique : actuellement, seule une vingtaine d’espèces d’odonates est observée régulièrement sur le site dont la Libellule à quatre taches (Libellula quadrimaculata), le Sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum) et l’Ischnure élégante (Ishnura elegans). D’autres espèces patrimoniales caractéristiques des eaux stagnantes végétalisées, et donc représentatives des habitats naturels de l’étang, sont recensées : la Naïade aux yeux rouges (Erythromma najas), la Cordulie bronzée (Cordulia aenea) et l’Agrion joli (Coenagrion pulchellum).

Il existe donc un enjeu majeur de gestion des milieux favorables aux odonates, pour le maintien des populations dans la Réserve.

Ischnure élégante © RNR Louis S.

► L’Ischnure élégante porte bien son nom © RNR / Louis S.

La flore

Les différentes formations végétales de la Réserve accueillent au moins 258 taxons floristiques, dont la Thélyptère des marais (Thelypteris palustris), une espèce de fougère poussant dans les marais et les prairies humides et protégée au niveau régional.

Dans l’eau, flotte la Lentille d’eau à trois sillons (Lemna trisulca), également protégée au niveau régional.

Dans les prairies humides, on peut observer la Gratiole officinale (Gratiola officinalis), plante protégée au niveau national, et la Germandrée des marais (Teucrium scordium), toutes les deux étant classées « en danger » dans la Liste Rouge de la Flore vasculaire de Rhône-Alpes.

Gratiole officinale

► La Gratiole officinale est une plante protégée des prairies humides © RNR / Mister Couleurs.